Tinta run : "J'y vais à fond avec ma façon de voir les choses", notre interview de l'auteur


 par

Pour l'auteur de Tinta Run, c'est un rêve qui se réalise avec la sortie de ce premier volume

On a bien aimé le solide premier tome de Tinta Run et on a rencontré son auteur le temps d’une interview. Pour Christophe Cointault, son manga est “l’histoire universelle d’un jeune ado paumé qui va partir de chez lui par la force des choses, découvrir le monde, acquérir sa liberté, se trouver lui-même et puis développer son pouvoir pour changer le monde. Un parcours de vie avec toutes les exagérations du shonen mais qui parle à tout le monde.” Il faut dire que l’ancien agent des impôts à tout lâcher pour accomplir son rêve de devenir mangaka et ça se ressent dans son histoire.

Tinta run : "J'y vais à fond avec ma façon de voir les choses", notre interview de l'auteur
Pourquoi avoir choisi le format manga ?

C’est celui qui me paraît le plus naturel, étant issu de la génération Club Dorothée et j’ai baigné dans les Dragon Ball, Saint Seiya et plus tard Naruto et One Piece. Et je pense que c’est le format qui permet le plus de possibilité, de développer les plus grandes aventures et les plus grands délires. Et y’a aussi le côté cool, pas cher et peu volumineux qui en fait l’objet ultime et c’est un rêve qui se concrétise.

Comment vous en êtes arrivé jusqu’à vous faire publier par Glénat ?

En réalité c’est simple. J’ai fait un dossier éditorial pour Tinta Run, je l’ai envoyé en 2016 et j’ai reçu une réponse dès le lendemain. Puis le dossier a transité, on m’a fait corriger des choses avant qu’on me dise que ça commence à devenir intéressant puis de passer les voir. De fil en aiguille après ma première réunion éditoriale avec des bons conseils, tout est passé devant un comité éditorial avant d’être validé.

Maintenant que vous y êtes, est que c’est ce à quoi vous vous attendiez ?

C’est même plus que ça, c’est un rêve. J’ai une super équipe qui gère tout et est impliquée à fond. On a souvent une image négative des éditeurs, qui ne verraient que le côté commercial et qui ne font pas attention aux auteurs, alors que y’a un côté création ultra stimulant et je suis en contact avec eux quasiment tous les jours et on est vraiment embarqués dans la même aventure.

Pourquoi un univers héroic fantasy ?

Mon dessin n’est pas réaliste et je préfère dessiner des choses inventées. L’idée d’inventer un univers et toutes ses possibilités, je trouve ça fabuleux et y’a un côté cours de récré. Tinta Run, c’est des délires et gosses avec des choses sérieux et de l’imaginaire pour permettre au lecteur de s’évader avec les personnages.

Est-ce qu’on peut dire que c’est un récit autobio ?

Arty Henrix c’est moi, c’est ce que je rêverais d’être et je me suis projeté en lui, comme dans tous les persos. Mais en lui, j’ai essayé d’assumer vraiment ce que j’étais, quelqu’un qui a un peu de mal avec l’autorité, qui voyait son rêve lui échapper. Devenir Tinter, c’était comme devenir mangaka pour moi au final, quelque chose d’inaccessible que je faisais sans soutien contre vents et marées avec en plus un travail qui me plaisait pas, une hiérarchie et ça m’a énormément nourri pour créer tout ça.

L'auteur dans les locaux de Glénat 
L'auteur dans les locaux de Glénat 
C’était pensé dès le début comme votre propre miroir ?

Quand j’ai essayé d’apprendre comment faire un bon scénario, la base c’est de raconter une histoire qui nous fait vibrer soi-même, se mettre dedans parce que ça ne peut sortir que de nous et de personne d’autre. Je me suis dit “J’assume, j’y vais à fond” avec ma façon de voir les choses, de parler et j’espère que ça sera accueilli favorablement.

Quels thèmes qui vous tenaient à cœur ?

La liberté est le thème à retenir au dessus des autres. Celle de bouger, de voyager mais l’autre aspect important pour moi, c’est la transmission. Quand j’ai commencé Tinta Run, j’apprenais que j’allais être père et Arty qui cherche le sien, c’est un sujet important pour moi. Puis toutes les notions shonen comme l’amitié, l’entraide forcément. Mais pour ça, il faut sortir du nid, rencontrer, découvrir, accepter les contraintes. Et Arty va apprendre à travailler pour obtenir ce qu’il veut.

Malgré le thème de la famille, Arty s’éloigne beaucoup de sa mère dans le 1er volume.

Parce qu’elle est un obstacle, c’est ma vision des choses mais fondamentalement elle a raison et elle sait pourquoi et de quoi elle le protège. C’est un barrage qui va évoluer.

Que penses-tu de Radiant et la production manga française en général ?

Je n’ai lu que le début mais le côté heroic fantasy est dans la même veine. Mais l’état d’esprit d’Arty est différent, plus subversif et difficile à cadrer. Radiant reste un exemple à suivre dans une production manga française qui va devenir de mieux en mieux. C’est assez excitant de voir tout ça arriver à un niveau intéressant. Grâce au travail déjà accompli, on a appris à faire les choses à notre manière, en digérant les codes japonais mais pour les ressortir comme on le veut. Les éditeurs et le public jouent beaucoup plus le jeu et on est dans une configuration qui fait que la production actuelle et future va être de plus en plus cool. Voir un nouveau héros populaire français apparaître serait fou et il y a vraiment quelque chose à construire.

Crédit : Glénat